Focus sur l’association Dispensaire Trottoir de Bobo-Dioulasso

Le Dispensaire Trottoir (DT) fait partie des associations qui contribuent fortement à l’amélioration des conditions de vie des enfants en situation particulièrement difficile, des orphelins et autres enfants vulnérables dans la région des Hauts Bassins. S’il est bien connu du monde communautaire et des services de l’Action Sociale et de la Solidarité Nationale qui lui font recours, ce n’est pas le cas pour le grand public burkinabé. C’est pour en savoir mieux que nous avons approché la première responsable du centre d’accueil de cette structure, Madame Héma Saly qui a bien voulu répondre à nos questions.

Le Journal de la MAS (J. MAS) : Bonjour madame la coordonnatrice, merci de nous recevoir chez vous. Pouvez vous nous présenter votre association ?

Madame Héma (Mme H) : Je voudrais avant tout vous remercier à mon tour pour cette occasion que vous nous offrez pour mieux faire connaître notre structure. En rappel, le Dispensaire Trottoir est né le 24 Octobre 1993 de la rencontre entre une infirmière française, madame Marie Laure FRIZON et  d’un burkinabé, monsieur Luc Marie Maïga, qui ont décidé ensemble d’apporter leur  contribution à la problématique des enfants en situation particulièrement difficile en situation particulièrement difficile. C’est ainsi que pendant un an ils ont offert des soins infirmiers à ces enfants dans la rue. Ces soins qui étaient offerts trois fois par semaine au départ, sont devenus quotidiens à partir de 1994 avec en plus des conseils sur les méfaits de l’usage des stupéfiants, du tabac et de l’alcool, choses qui sont très fréquentes dans ce milieu. En 1995, ils ont aménagé un local où ils recevaient ces enfants tous les jours pour un meilleur suivi des soins offerts.

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Mme Héma Saly, coodonnatrice du Dispensaire Trottoir

J. MAS: quels sont les objectifs poursuivis par le DT ?

Mme H : L’objectif général est de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des orphelins et enfants vulnérables et aux personnes infectées par le VIH/SIDA, de les aider à s’insérer dans la société à travers des activités de soins, de récupération, de formation, d’éducation, d’appui et de conseils. De façon spécifique il s’agit :

-D’assister les familles, les orphelins et enfants vulnérables (OEV) ;

-D’assurer des soins de santé aux OEV et aux personnes infectées et affectées par le VIH/SIDA ;

-D’assurer un prise en charge psychosociale des personnes vivant avec le VIH/SIDA ;

-D’aider à l’éducation et à la formation socio-professionnelle des OEV ;

-D’offrir un cadre de soins, d’écoute, de conseils et d’assistance aux enfants et jeunes en difficultés.

J. MAS: Quels sont les services offerts par l’association aux enfants ?

Mme H: Pour atteindre nos objectifs, plusieurs services sont offerts. Les tous premiers sont comme je l’ai dit plus haut les soins de santé. Peu à peu les activités se sont diversifiées avec l’intégration des volets formation professionnelles, alphabétisation fonctionnelle, éducation préscolaire, lutte contre le VIH/SIDA, prise en charge des orphelins et enfants vulnérables etc. Pour être plus précis nous avons :

-Au niveau de la formation professionnelle : l’apprentissage de la couture, de la menuisière, de la teinture et de la pyrogravure. Nous disposons d’ateliers pour tous ces corps de métiers.

-Au niveau de l’alphabétisation : les enfants d’un certain age reçoivent une alphabétisation jusqu’à un niveau leur permettant de suivre une formation professionnelle de leur choix.

-La lutte contre le VIH à travers les activités de prévention à l’endroit de notre public cible et la prise en charge communautaire des personnes vivant avec le VIH/SIDA.

-Au niveau de la prise en charge des orphelins et autres enfants vulnérables, le paquet d’activités suivant leur est offert : la fourniture de lait aux bébés qui ont perdu leurs mères ou qui sont nés de mères séropositives, la prise en charge des divers soins liés à leur état, l’éducation préscolaire avec toutes les sections (petite, moyenne et grande), la prise en charge de leur scolarisation à travers le parrainage. A ce jour 623 sont parrainés.

A ceux-ci s’ajoutent : un dispensaire ouvert à toute personne nécessiteuse, des activités génératrices de revenus (élevage et agriculture) qui nous permettent tant soit d’être un peu plus autonomes, un centre d’hébergement qui héberge pendant un certain temps les orphelins et enfants vulnérables qui ont été abandonnés ou ayant des problèmes d’hébergement dus à leur situation une cantine où un déjeuné est servi à tous nos bénéficiaires. Ceux qui sont hébergés bénéficient également du dîner et une grande bibliothèque pour les enfants de la maternelle à la terminale, ouverte au grand public.

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L’atelier de couture du Dispensaire Trottoir

J. MAS: comment se fait l’admission des enfants dans votre centre ?

Mme H: Le recrutement des enfants se fait principalement par trois voies : Certains enfants nous sont adressés par des associations sœurs, surtout les associations de prise en charge des PvVIH; d’autres nous sont envoyés par les services de l’action sociale basés dans les trois arrondissements de la commune, enfin certains enfants viennent d’eux-mêmes ou sont conduits par leurs parents ou tuteurs. Dans ce cas précis nous menons des enquêtes de terrains pour nous assurer qu’il s’agit réellement d’enfants orphelins ou vulnérables

J. MAS: Combien de bénéficiaires comptez vous à ce jour ?

Mme H: Au total 985 personnes bénéficient directement des services de l’ADTB et se répartissent comme suit : 87 en formation professionnelle, 623 enfants parrainés du CP1 à la terminale, 99 dans les trois sections maternelles, 40 en alphabétisation, 82 bébés qui bénéficient du lait, 22 qui reçoivent un soutien nutritionnel, 32 internés et 234 PvVIH (60 enfants, 26 jeunes et 148 adultes) dont 83 sous ARV.

J. MAS: parlez nous à présent du personnel du Dispensaire Trottoir

Mme H: Le DT est administré par un bureau exécutif de 4 personnes : un président, un secrétaire général, un trésorier et une coordonnatrice. L’équipe technique se compose de 15 salariés et 10 bénévoles. D’autre part des amis nous apportent très souvent leurs expertises et leur soutien dans l’encadrement des enfants.

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La petite section de la maternelle

J. MAS: une telle œuvre ne peut se réaliser sans difficultés, pouvez vous nous citer quelques unes ?

Mme H: c’est évident que nous en connaissons beaucoup mais nous nous ne baiserons pas pour autant les bras. L’argent étant le nerf de la guerre, nos principales difficultés sont d’ordre financières, étant donné la forte demande que nous recevons. L’insuffisance des financements fait que nous avons actuellement arrêté de recruter de nouveaux enfants.

D’autre part nous avons des difficultés d’installation des enfants que nous formons. Les principaux partenaires qui nous aidaient dans ce domaine ne sont plus là. Il s’agit du projet Réduction de la Pauvreté chez les Jeunes (REPAJ) et de l’Aide à l’Enfance Canada (AEC). Les formations sont financées actuellement sur fonds propres.

J. MAS: vos perspectives pour les années à venir.

Mme H: c’est essentiellement le renforcement des acquis dans le domaine de la prise en charge des OEV, de la santé, la nutrition, l’éducation et la formation professionnelle pour un travail de qualité.

Pour cela il nous faudra développer et renforcer les activités génératrice de revenue pour une autonomisation, voire une pérennisation des activités entreprises.

J. MAS: votre dernier mot madame.

Mme H: Je ne saurai terminer sans remercier tous ceux et toutes celles grâce à qui le DT a vu jour et continue de fonctionner. Je veux citer : le Programme d’Appui au Monde Associatif et Communautaire (PAMAC), Ensemble pour une Thérapie Hospitalière en Réseau (ESTHER), le projet Réduire la Pauvreté chez les Jeunes (REPAJ),  Partage, l’Ordre de Malte, les Amis de Sœur Emmanuelle et tous ceux dont les noms n’ont pu être cités.

 

NB : Pour tout besoin, contact : 01 BP 2190 Bobo-Dioulasso 01, Tel : 226 20 97 04 14 / 20 97 34 42, Email : adtb@fasonet.bf

Site Web: http://membres.lycos.fr/dispensairetrottoir

 

Equipe de rédaction

BADO Bazombié

CISSE Malick

KAMBOU Robert

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